Le Post-Partum, parlons-en

Avant son arrivée, nous fantasmons beaucoup sur notre nouvelle vie avec bébé. Nous passons du temps à choisir ses futurs vêtements, à décorer sa chambre, à préparer une liste de naissance. Nous nous renseignons sur les nouveaux-nés sur de nombreux forums, nous lisons des livres, écoutons les témoignages de nos proches. Toute notre attention est centrée autour de ce joli être qui grandit en nous.

Au milieu de toute cette excitation, nous avons toutes tendance à oublier de prendre soin de nous. Nous les jeunes mamans qui viennent de vivre en moins d’un an, les plus grands bouleversements de notre vie.

Les premiers jours avec bébé : le post-partum

Pendant 9 mois, nous sommes au centre de toutes les attentions. Nos proches sont présents, les personnes que nous croisons bienveillantes. Vous le savez, vous l’avez ressenti… Les femmes enceintes suscitent les regards attendris.

Ensuite, arrive le grand jour. Le plus beau et le premier du reste de votre vie. La rencontre avec celui ou celle que vous avez porté.e, rêvé.e, imaginé.e pendant 9 mois. Pour la plupart d’entre nous, nous allons passer 3 jours à la maternité, le temps de se remettre physiquement de l’accouchement et de suivre les premiers jours de bébé.

Pendant ces trois jours, nous sommes encore au centre de notre environnement. Nos proches viennent nous rendre visite, les sages-femmes sont à notre disposition, il y a toujours une puéricultrice pour nous rassurer dans les soins à donner à bébé.

Bref, nous sommes dans une bulle réconfortante. Évidemment certaines se sentiront pressées de rentrer à la maison, peut-être parce qu’un autre enfant attend impatiemment de rencontrer son petit frère ou sa petite sœur.

Arrive enfin, le jour de la sortie. Le retour à la maison à trois. La promesse d’une belle aventure qui démarre et…. La chute des hormones…
Certaines vont pleurer sans raison un coup de joie, un coup de peur… Tant d’émotions nous traversent. Nous redécouvrons notre corps. Ce corps qui a porté la vie, et qu’on doit réapprendre à aimer au-delà de ces nouvelles vergetures, d’une éventuelle cicatrice et de ces charmants kilos qui sont venus se déposer sur nos hanches.

Des mamans ressentiront le symptôme du ventre vide : le fameux baby blues.
Rassurez-vous, 80% des femmes le vivent dans les premiers jours après l’accouchement et ce phénomène s’estompe presque aussi vite qu’il est apparu. Laissez-vous le temps d’explorer toutes ces émotions, de pleurer si nécessaire. Ne culpabiliser de rien, vous êtes super. Nous prenons simplement conscience de la séparation avec notre bébé, c’est la fin de la fusion avec celui qu’on a porté pendant des mois, nous réalisons progressivement que nous devenons mères.

Si plusieurs jours après votre retour à la maison, vous ressentez toujours une extrême vulnérabilité, du mal à vous occuper de votre bébé, une baisse d’appétit… Parlez-en à votre sage-femme, il faut veiller à ce que notre mignon baby blues ne se transforme pas en une dépression postpartum.

Le post-partum : un sujet encore trop tabou

Nous mamans, nous ne sommes encore que trop peu informées sur cet épisode post-partum. Nous fantasmons sur une vie harmonieuse avec un beau bébé qui mange et dort à heures fixes et nous manquons de témoignages sur le fameux quatrième trimestre.

On nous parle peu de la douleur des points de suture après une épisiotomie, des oedèmes vulvaires, des couches postpartum ou encore des difficultés dans le couple, liées au manque de sommeil (le baby clash). Et pourtant les femmes accouchent chaque jour depuis la nuit des temps, et sont trop peu, trop mal informées.

Depuis plusieurs semaines, le #MyPostPartum lève le voile sur le phénomène. De nombreuses influenceuses comme Ahsley Graham affichent leur quotidien en photos bien loin des images idéales d’Instagram. C’est MAGNIFIQUE et BOULEVERSANT.

ashley graham affiche son postpartum

photo Instagram @AshleyGraham

Pour continuer sur cette jolie lancée, nous avons voulu, nous aussi, apporter notre pierre à l’édifice. Nous avons demandé à trois jeunes mamans : Astrid Lhermite, Coline Ménard et Josépha Raphard de vous raconter leur quatrième trimestre avec bébé.

Josépha Raphard, maman de Paloma – 2 mois

– Avais-tu déjà entendu parler du Post-partum avant ou pendant ta grossesse ?
Oui pas mal, j’avais lu et entendu beaucoup de choses particulièrement à propos du “baby blues”.
Et puis j’ai travaillé sur “MERES” et là forcément les mamans m’ont énormément parlé du Post Partum.

– Dans les jours qui ont suivi la naissance de Paloma, as-tu ressenti le fameux baby blues ?
Les jours qui ont suivi la naissance de Paloma je n’ai pas ressenti le fameux baby blues, peut être car je suis restée 8 jours à la maternité et que j’ai beaucoup aimé cette parenthèse. Les cinq premiers jours j’étais séparée de Paloma qui avait des problèmes de santé, du coup je me concentrai plus sur elle, sur comment lui transmettre de bonnes énergies et profiter des moments que l’on avait toutes les deux ou tous les trois. Mon amoureux est resté avec moi tout le séjour même les nuits (sauf une, j’ai insisté pour qu’il dorme au moins une fois dans un vrai lit et qu’il respire loin de la maternité) et du coup on formait vraiment une équipe soudée et je n’ai pas trop pensé au baby blues. J’ai eu des moments de crise de pleurs et d’euphorie mais pas de réel baby blues.

– As-tu eu le sentiment d’être suffisamment accompagnée et soutenue à la sortie de la maternité ?
Je n’ai pas ressenti de soutien particulier à la sortie de la maternité. Mais encore une fois, comme je suis restée 8 jours la bas et que l’on s’est particulièrement bien occupé de moi je pense que ça aide. Une fois chez moi j’ai surtout été soutenue par mon amoureux ou mes amies proches.

– Comment se sont organisés les premiers jours à la maison ?
Après 8 jours de maternité j’avais peur de rentrer à la maison et en même temps très hâte!
Mais les premiers jours se sont très bien passés, on a pris nos marques petit à petit et même si les premières nuits ont été sportives ça s’est vite amélioré !

– Avez-vous rencontré avec Arnaud des moments plus compliqués liés à la fatigue ? (le fameux baby clash)
Je crois que nous sommes très chanceux car nous n’avons pas connu de baby clash. En tout cas pas encore (elle a deux mois on ne sait jamais!). A des moments forcément il peut y avoir des phrases dites avec un peu moins de douceur et de gentillesse mais c’est rare et on se corrige très vite. On garde sans cesse en tête que l’autre est notre meilleur allié et qu’on a créé la meilleure chose au monde.

– Au niveau de votre intimité, avez-vous réussi à vous reconnecter simplement l’un à l’autre ?
Au niveau de notre intimité il a fallu s’adapter et trouver de nouvelles connections. Nous dormons avec Paloma, alors forcément déjà les nuits et soirées sont différentes. Dans la journée Paloma est très très souvent collée à nous alors on trouve d’autres façons de se connecter. Je crois que les premiers mois il s’agit surtout de montrer à l’autre qu’on le désire encore et qu’on l’aime encore. Il ne faut pas arrêter de se dire des mots doux.

– Quels conseils donnerais-tu avec du recul aux futures mamans ?
De ne pas négliger le dialogue avec votre partenaire ! Il ne faut pas avoir peur de tout lui dire, ses moments de bonheur, ses peurs et ses moments de déprime. Je conseille aussi de pleurer un bon coup sous la douche, ça décharge de tout et ça fait du bien. Il faut accepter que son bébé est un être humain, du coup parfois lui aussi il décharge et même si c’est pas facile de l’entendre pleurer ou raler et bien au moins il s’exprime! Pour les mamans qui allaitent, oui c’est dur au début mais au bout d’un mois ca va se mettre en place, un mois ca arrive vite et après tout ira bien. Et surtout (j’y bosse encore) de ne pas culpabiliser, on fait ce qu’on peut et comme on peut !

Jospeha, témoignage post-partum

Suivez Josépha sur Instagram : @josepha_raphard

Astrid Lhermite, maman de Marcel – 1 an

– Avais-tu déjà entendu parler du Post-partum avant ou pendant ta grossesse ? 
Hello, oui j’avais pas mal entendu parler du baby blues, lors des cours de préparation à l’accouchement, par des copines qui avaient expérimenter fortement les conséquences de la chute d’hormones, dans les bouquins etc Lorsque je réalisais ma thèse de psycho, une copine travaillait même sur le concept de stress post traumatique lié à l’accouchement (et commençait à étudier le stress pré traumatique par anticipation).

– Dans les jours qui ont suivi la naissance de Marcel, as-tu ressenti le fameux baby blues ? 
Je trouve qu’on parle beaucoup des affects dépressifs lorsqu’on évoque l’après accouchement et pas assez de l’anxiété, voir de l’angoisse que l’on peut ressentir lors du retour à la maison. Je n’ai pas vraiment été déprimée mais j’ai ressenti un stress énorme à tel point que je me disais que je ne pourrais pas élever mon fils. Dans notre cas il a été relativement salutaire car il a fini par nous conduire aux urgences pédiatriques car nous ne sentions pas entendus par la sage femme  et effectivement Marcel est resté hospitalisé pour déshydratation sévère. Cette hospitalisation a finalement été très enrichissante car l’équipe de néonatalogie a été très à l’écoute, soutenante et non jugeante ce qui nous a permis de reprendre sur de bonnes bases. Je n’avais jamais parlé du concept de matrescence que j’ai découvert récemment, et là je me suis totalement reconnue en revanche dans ces difficultés à trouver un équilibre entre la personne que nous étions avant et  notre nouvelle identité de maman.

– As-tu eu le sentiment d’être suffisamment accompagnée et soutenue à la sortie de la maternité ? 
Je trouve que nous sommes bien préparés à l’accouchement mais pas assez sur le coté pratique du maternage, de l’allaitement pour celles qui le souhaitent, de la gestion de la fatigue etc. J’aime assez l’idée des groupes de mamans qui se réunissent pour évoquer leurs difficultés, peurs etc comme dans les pays anglo-saxons (la série working moms est géniale au passage).

– Comment se sont organisés les premiers jours à la maison ? 
Mes parents étaient présents lors du séjour à la maternité puis quelques jours au retour a la maison. Ma mère m’a proposé de rester plus longtemps et j’ai dit non car je me sentais capable sur le moment, mais c’était avant que la fatigue ne s’installe vraiment et à postériori c’est moi qui la supplierai de rester. C’est assez dur de trouver son rythme, on a envie de tout faire parfaitement. Par exemple Marcel ne pouvait dormir que sur moi, je culpabilisais et ne dormait pas de peur de l’étouffer, jusqu’à ce qu’on nous conseiller d’acheter un cododo.

– Avez-vous rencontré avec Lucas des moments plus compliqués liés à la fatigue ? (le fameux baby clash) 
Pas tellement au début, nous étions tellement à fond sur Marcel et sur l’envie de bien faire que nous formions vraiment une team. La preuve, Lucas m’a même demandé en mariage ahah Les tensions ont été plus présentes lors de l’été qui a suivi : lucas travaillait beaucoup et souhaitait du temps libre quand il ne bossait pas. Moi j’avais l’impression d’être privée tout le temps, de ne pas pouvoir profiter, d’être devenu quelqu’un d’autre (cf la matrescence). Marcel ayant quelques petits problèmes de santé, il ne dort ni ne mange pas très bien, cela ajoutait du stress et des tensions. Heureusement on prend de plus en plus confiance en ses capacités et l’enfant grandissant on se comprend mieux mutuellement.

– Au niveau de votre intimité, avez-vous réussi à vous reconnecter simplement l’un à l’autre ? 
Simplement n’est peut être pas le bon mot ahah j’ai eu une déchirure lors de l’accouchement et différents autres petits problèmes anatomiques. Les séances de rééducation périnéale m’ont beaucoup aidée d’un point de vue physique et moral car ma kiné était jeune et avait eu des enfants, je me sentais comprise. Quand les douleurs étaient moins présentes tout est rentré dans l’ordre

– Quels conseils donnerais-tu avec du recul aux futures mamans ?
La premiere : de ne pas hésiter à poser toutes les questions qui nous trottent en tête, même celles qui nous donnent l’impression de paraitre incompétente : on nous bassine avec l’instinct maternel mais changer une couche plein de méconium ou les premiers bains nécessitent un niveau de technicité qui n’est pas inné ahah Ensuite, dormir dès qu’on le peut, même si on a envie de faire du ménage ou de profiter, on ne peut pas le faire si on est fatigué. Pour finir, en profiter : même si c’est dur, ça passe très vite ce n’est pas une légende

_

Astrid témoignage post-partum

Suivez @astrid_marmite sur Instagram

Coline Ménard, maman de Roméo – 6 mois

– Avais-tu déjà entendu parler du Post-partum avant ou pendant ta grossesse ? 
Bien sûr, et je pense comme toutes les futures mamans, j’avais entendu parler du Post Partum et du Baby Blues. Cependant, je ne savais pas exactement à quoi m’attendre car les témoignages de mes amies mamans étaient tous très différents. Plutôt “terre à terre”, j’attendais de voir comment j’allais réagir, comment tout allait se passer avec mon bébé. J’ai été bien entourée et préparée par ma sage femme, Claire qui m’a fait me poser les bonnes questions en enlevant ce stress de l’inconnu du post partum.

– Dans les jours qui ont suivi la naissance de Roméo, as-tu ressenti le fameux baby blues ?  
J’ai effectivement eu cette énorme vague de sentiments et dans cet état un peu second: les hormones mélangées à la fatigue des premières nuits blanches, c’est vrai que j’ai beaucoup pleuré sans raisons!
Baby Blues? Je me pose la question… car j’ai aimé mon bébé dès sa naissance et je n’ai pas eu d’angoisses ou d’idées noires au retour à la maison. J’imagine que ça dépend beaucoup de la définition qu’on donne au Baby Blues.
En sachant qu’on pleure pour rien en post partum, on accepte beaucoup plus facilement cet état.
– As-tu eu le sentiment d’être suffisamment accompagnée et soutenue à la sortie de la maternité ? 
Oui sans hésitation! Nous avons eu la chance que tout se passe bien à la maternité, d’avoir été suivi à domicile pour les rendez vous suivants et d’avoir notre famille et nos amis proches de la maison.
Coté médical, ma sage femme a pu/su répondre présente à chaque fois que j’en ai eu besoin… et quelques mois après nous étions devenues assez proches pour partir en voyage ensemble, avec notre association elles surf
Coté famille, j’ai la chance d’avoir mes parents près de nous. Ils ont pu garder Romeo quand nous avons eu des impératifs!
Mais la mention spéciale revient à nos amis de Biarritz qui nous ont ramené un couscous géant quelques jours après la naissance de Romeo: Délicieux et plein de force quand on a pas le temps de cuisiner !

– Comment se sont organisés les premiers jours à la maison ? 
Très naturellement, les premiers jours ont filé à une de ces vitesses! Nous avons pris notre rythme de croisière avec les tétées et les dodos. Ce qui m’a le plus dérangé? Le fait de ne pas pouvoir sortir China, notre chienne. J’ai mis quelques jours à pouvoir refaire le tour du quartier sans avoir l’impression de faire un marathon… Physiquement et donc moralement dur de ne pas être “au top” de sa forme, surtout en ayant eu une grossesse de rêve et étant restée active tout au long de celle ci.

– Avez-vous rencontré avec Clément des moments plus compliqués liés à la fatigue ? (le fameux baby clash) 
Clément et moi n’aimons pas le conflit… Nous savions qu’il y aurait des moments plus tendus car travaillant dans l’évènementiel, il a dû travailler et s’absenter rapidement après la naissance de Romeo.
A part quelques paroles dures sur un ton sec, nous ne nous sommes même pas insultés!

– Au niveau de votre intimité, avez-vous réussi à vous reconnecter simplement l’un à l’autre ?
Nous sommes toujours restés très tendre l’un envers l’autre et malgré nos sauts d’humeur et la fatigue, nous n’avons pas quitté notre “bulle d’amour”, la reconnexion s’est faite naturellement.

– As-tu réussi à patienter le temps de ta rééducation avant ton retour à ta vie sportive ? 
Patience, patience…. 2 mois et demi sans surf! C’était long!!!!! J’ai déjà dû attendre plus d’un mois avant de prendre un bon bain chaud alors dès que j’ai eu l’aval pour la ré-éduc, j’ai foncé ahahah
J’ai pu reprendre le surf dans de petites conditions, idéales pour me rendre compte que je n’avais plus d’abdos ni de bras pour la rame

– Quels conseils donnerais-tu avec du recul aux futures mamans ? 
“N’écoutez que vous et votre instinct de maman, personne ne sait mieux que vous, ce qui est bon pour votre bébé”
Car des conseils, on en donne et reçoit tous les jours. Il est parfois dur de faire la part des choses, alors FAITES VOUS CONFIANCE !
_
Coline menard témoignage post-partum

Suivez @colinemenard sur Instagram

Vous aussi, partagez avec nous vos témoignages sur votre post-partum et ensemble, levons le voile sur le quatrième trimestre !

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.